Ecoutez-nous
Du balai
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Dans les rues de Tunis
Dans les villes d’Espagne
Les indignés s’unissent
Dans un joyeux vacarme
Quelques chansons suffisent
À soulever des montagnes
À narguer la police
Et braver les gendarmes
Du balai, du balai
Sur les places d’Egypte
Du balai, du balai
Et on passe à la suite
Il est temps de balayer
De passer la serpillère
C’est fini de rigoler
Dans les grands ministères
Dans les palais dorés
De nos foutus leaders
Il est temps de nettoyer
Cette racaille au Kärcher
Du balai, du balai
On n’a que ce qu’on mérite
Du balai, du balai
Et on passe à la suite
Une bonne révolution
Des roses ou du jasmin
Un printemps du chicon
Pour chasser le gratin
Un bon coup de torchon
Chez nos politiciens
Les Flamands, les Wallons
Connaissent le refrain
Du balai, du balai
Révolution des frites
Du balai, du balai
Et on passe à la suite
Buvant les mêmes bières
Sous le même drapeau
Sur les mêmes barrières
On crie les mêmes maux
Faut pas faire de manière
Tourner autour du pot
Si t’es pas solidaire
Le peuple aura ta peau
Du balai, du balai
Tu devras courir vite
Du balai, du balai
Et on passe à la suite
C’est pas la fin du monde
Qui les emportera
Faut pas croire ce qu’on raconte
Faut pas croire les médias
Mais la colère qui gronde
Et qu’ils n’entendent pas
Soulèvera la fronde
Qui les balaiera
Du balai, du balai
Les carottes sont cuites
Du balai, du balai
Et on passe à la suite
J'adore les gens
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Ils sont partout
Autour de nous
Ces inconnus
Qu’on croise en rue
On leur dit « vous »
On les salue
Ils prennent leur temps
Ces braves gens
Quand on va vite
Que tout va vite
Le plus souvent
On les évite
J’adore les gens
Les gens d’ici
Les gens d’ailleurs
Et tant pis si
Ca porte malheur
J’adore les gens
Les vieux ringards
Un peu vicelards
Les jeunes branchés
Vachement clichés
Les mecs bizarres
Les filles coincées
Ces anonymes
Qui te dépriment
Qui téléphonent
Dans leur bagnole
Ces gens qui friment
Ces gens qui te collent
J’adore les gens…
Les gens d’en bas
Disent comme ça
Les gens d’en haut
Sont des salops
Se paient des villas
Sur nos impôts
Les gens instruits
Disent ainsi
Les gens sont cons
Comme des moutons
Râlent pour un oui
Gueulent pour un non
J’adore les gens…
On nous fait croire
Que tout est noir
Qu’y a rien de bien
Dans le genre humain
Qu’on est le connard
De son prochain
On est beaucoup
Sur ce caillou
Le monde croule
Sous cette foule
Les gens sont fous
Mais les gens sont cool
J’adore les gens…
J’adore les gens
Les gens d’en haut
Les gens d’en bas
Les vrais prolos
Les faux bourgeois
J’adore les gens
J’adore les gens
Les gens gentils
Les gemmerdeurs
J’adore les gens
Les gens des villes
Les gens des champs
J’adore les files
Avec plein de gens
Et tant pis si
Ça porte malheur
J’adore les gens
Est / Ouest
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Je suis né à l’Ouest
D’un rideau barbelé
D’un mur dont il ne reste
Que des pans bariolés
Toi, tu es né à l’Est
Dans le camp des damnés
Tu rêvais de richesses
Et même de liberté
Je suis né à l’Ouest
D’un rideau barbelé
On m’a mis dans la tête
Que c’était le bon côté
Ç’aurait pu être l’inverse
J’aurais pu mal tomber
Car l’histoire en atteste
Paraît qu’on a gagné
Je suis né à l’Ouest
Pas de quoi pavoiser
Chez nous, les murs se dressent
Plus solides que jamais
Chez nous, les moindres gestes
De générosité
D’amour ou de tendresse
Sont comme des poings levés
Toi, tu es né à l’Est
Et tu as résisté
La révolte traverse
Les frontières fermées
De Prague à Budapest
On s’est mis à danser
Aux rythmes de la fête
Quand le mur est tombé
Je suis né à l’Ouest
D’un rideau barbelé
D’un mur dont il ne reste
Rien pour nous séparer
Toi, tu es né à l’Est
Mais l’on s’est rencontré
Victoire ou bien défaite
On est du même côté
A l’Est ou à l’ouest
Victoire ou bien défaite
On est du même côté
On est pas dans la merde
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N’en déplaise aux puristes
Le grand Jacques avait tort
Avec ses grands yeux tristes
Avec la Mer du Nord
Quand on n’a que l’amour
Sur notre bonne vieille terre
C’est encore et toujours
Une longue vie de misère
Mathilde et Madeleine
Non, ne me quittez pas
Dieu sait comme je vous aime
Rosae, Rosae, Rosa
En simple troubadour
Je vous le dis tout net
Quand on n’a que l’amour
On n’est pas dans la merde
Quand on n’a que l’amour
On n’est pas dans la merde (BIS)
On n’est pas dans la merde
L’homme est un loup pour l’homme
Une espèce malhonnête
Qui prend plus qu’elle ne donne
Les voisins aiment causer
Des fleurs et du bon temps
Mais tu touches à ma haie
J’te fracasse ton auvent
Car même à la campagne
Malgré leur bel accent
On préfère la castagne
A la douceur du vent
On préfère la castagne
A la douceur du vent (BIS)
On n’est pas dans la merde
J’entends le bruit des bottes
Qui résonne dans ma tête
A chaque fois que l’on vote
A longueur de discours
Ils balancent les mêmes vannes
Qui ne font rire que les sourds
Et les trafiquants d’âmes
Souvent mon cœur balance
La peste ou le choléra
On ne mesure pas notre chance
Y’en a qu’ont même pas l’choix
Et moi, jour après jour
Je chantonne ce proverbe
Quand on n’a que l’amour
On n’est pas dans la merde
Jour après jour
Je chantonne ce proverbe
Quand on n’a que l’amour
On n’est pas dans la merde
Les enfants veulent jouer
À qui sera le plus serbe
À qui sera le dernier
Je veux une mitraillette
Et un bel hélicoptère
Pas un truc de tapette
Des trucs pour faire la guerre
L’innocence qui s’envole
La fierté de leurs parents
La meilleure des écoles
Pour quand ils seront grands
Et moi, jour après jour
Je chantonne ce proverbe
Quand on n’a que l’amour
On n’est pas dans la merde
Jour après jour
Tu chantonnes ce proverbe
Quand on n’a que l’amour
Que faire contre le malheur
Contre les ennemis du bien
Contre les filles sans cœur
Qui ont bousillé le mien
A part prendre mon crayon
Dégommer par écrit
J’ai tout un bataillon
De gros mots bien choisis
Que dire aux collabos
Aux marchands de violence
Aux élus, aux escrocs
J’vois pas la différence
Que mes poches sont vides
Que je n’ai pas un rond
Mais que mon cœur est libre
De perdre la raison (BIS)
J’aimerai tout le temps
J’aimerai tous les jours
On est bien finalement
Quand on n’a que l’amour
Plus jamais ça
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Dis, c’est quoi
Grand-papa
Ce numéro sur ton bras
Tatouage
Que tu caches
Comme une erreur, un faux-pas
Quand ils m’ont
Pris, fiston
J’étais pas plus grand que toi
Juste onze ans
Et pourtant
On n’oublie pas
Folie sans nom
Encrée à jamais
On est des millions
A être humiliés
Et des corps brisés
Et des cœurs vaincus
L’enfance volée
C’est une vie perdue
Dis, c’est quoi
Grand-papa
Les brigades, les guérillas
Les milices
Au service
D’une idée ou d’un état
Des bourreaux
Des ghettos
Certaines choses ne changent pas
L’uniforme
Tue les hommes
Et ne garde que les soldats
Combien d’orphelins
Combien d’innocents
Autant d’assassins
Derrière un tyran
Serait-ce donc un crime
De naître en couleurs
Peuple qu’on décime
Au nom de la peur
Les prisonniers
Savent depuis bien longtemps
Que la liberté
Ne choisit pas son camp
Même aujourd’hui
Rien ne sert de mourir
Jamais finie
La chanson des martyrs
Dis, c’est quoi
Grand-papa
Ce graffiti peint en croix
Ce slogan
Rouge sang
« ETRANGERS ON REVIENDRA ! »
C’est le cri
De l’oubli
L’ignorance qui marche au pas
C’est l’histoire
Sans mémoire
Qui avait dit « PLUS JAMAIS ÇA ! »
Dans ma tête
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Au lieu de me laisser sombrer
Dans les tréfonds du désespoir
Où vivent les gens désabusés
Et ceux qui ont arrêté d’boire
Au lieu de prétendre me battre
Contre le courant, pour éviter
La déferlante du désastre
Qui s’abat sur l’humanitéJe m’enfuis au fond de ma caboche
Où tout le monde pense pareil que moi
Pour rêver d’un monde moins moche
Moins froid et plus chaud à la fois
Dans ma tête
Il était une fois
Un poète
Qui parle tout bas
Dans ma tête
Il était une fois
Un poète
Qui n’existe pas
Les yeux rivés sur le p’tit écran
L’information me fout les boules
Je pleure le destin des enfants
Tués à Bagdad ou Kaboul
Alors, en regardant le ciel
Je vais rejoindre un lieu béni
Où les sourires sont éternels
D’où les enculés sont bannis
On s’y retrouve au coin du feu
Pour chanter la joie d’être ensemble
Une guitare, une bière ou deux
C’est le paradis, il me semble
Dans ma tête
Il était une fois
Un air de fête
Qui ne finit pas
Dans ma tête
Il était une fois
Un air de fête
Qui n’existe pas
Dans ma tête il fait bon aimer
Les créatures que j’imagine
Sans risque de me faire baiser
Par des p’tites erreurs de casting
On déambule, on se promène
Près de la rivière au fond des bois
Le murmure de l’eau nous entraîne
Vers l’insouciance d’autrefois
Lorsque sur les bancs de la cantine
A l’école des amours heureuses
On demandait aux p’tites copines
« Tu veux bien être mon amoureuse ? »
Dans ma tête
Il était une fois
…
Qui ne pense qu’à moi
Dans ma tête
Il était une fois
…
Qui n’existe pas
Parfois le soir quand tout s’endort
Dans les souvenirs, la solitude
M’abandonne à mon triste sort
Je suis tout seul par habitude
Une seconde d’inattention
Suffit à me plonger tout cru
Au creux de mon imagination
Où personne n’est jamais déçu
On est des millions de copains
Aux quatre coins de ma planète
Je voudrais te prendre la main
Pour t’emmener loin dans ma tête (BIS)
Dans ma tête
Il était une fois
Un monde plus chouette
Que tu ne vois pas
Dans ma tête
Il était une fois
Un monde plus chouette
Qui n’existe pas (BIS)
Ginger Whisky
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Comme coule le temps
Le long de mon ennui
Parfois le temps s’oublie
À l’ombre d’un moment
Moitié vide ou moitié rempli
Je s’rai mort sans avoir vivre
Un bon verre de Ginger Whisky
Une gorgée pour l’avenir
Trop beaucoup
Pourquoi ça qui quoi dont où ?
C’est comme ça
Je sais pas…
Comme on passe le temps
À attendre la tempête
Parfois le temps s’arrête
L’espace d’un instant
Moitié vide ou moitié rempli
Je serai mort d’avoir vivre
Un bon verre de Ginger Whisky
Combien de pages à mon livre
Peu, trop peu
1, 3, 4, 6, 5, 7, 2
C’est comme ça
Je sais pas…
Comme après le beau temps
Reviennent les jours de pluie
Souvent le temps s’enfuit
À la fin du printemps
Moitié vide ou moitié rempli
Je ne vis pas pour survivre
Un bon verre de Ginger Whisky
Je vivre parce que je vivre
Tout partout
Moi ici très loin de vous
C’est comme ça
Je sais pas…
Comme efface le temps
Les joies et les secrets
Trésors du temps passé
Les filles qu’on aimait tant
Moitié vide ou moitié rempli
Je lève mon verre pour te voir
Le lendemain c’est pour plus tard
Aujourd’hui c’est pour la vie
Dis-le moi
Quand déjà nous reviendra
C’est comme ça
Je sais pas…
Nelson E. Wilson
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Nelson E. Wilson
S’appelait comme ça
On ne choisit pas
Le nom qu’on vous donne
On le voit gravé
Parmi des milliers
De noms oubliés
Moi je le griffonne
Un matin d’automne
Il était parti
Servir la patrie
Devenir un homme
Quel âge avait-il
Quand il fut la cible
D’une balle inutile
Nelson E. Wilson
Nelson E. Wilson
J’entends ton nom qui résonne
Tu n’es plus personne
Dans ce mur à Washington
Nelson E. Wilson
J’entends ton nom qui résonne
…
Nelson (Nelson)
Se croyait malin
Gobé le baratin
De Richard Nixon
S’il avait menti
Il nous l’aurait dit
Comme disait aussi
La femme de Clinton
Depuis Jules à Rome
Dès qu’on parle de gloire
De fric, de pouvoir
Plus rien ne m’étonne
Pour quelques galons
Ou un peu d’pognon
On envoie au front
Nelson E. Wilson
Nelson E. Wilson
Quand le Général ordonne
Tu n’es plus personne
Dans ce mur à Washington
Nelson E. Wilson
J’entends ton nom qui résonne
…
Nelson E. Wilson
S’appelait comme ça
On ne choisit pas
Le nom qu’on vous donne
A le lire ici
Le sien fut maudit
Pareil pour Billy
Joe, Peter et John
Ils sont des fantômes
Font partie des gens
Qu’on admire un temps
Puis qu’on abandonne
Tellement de folie
Pour chasser l’ennui
C’est ma propre vie
Que je vous chantonne
Nelson E. Wilson
J’en ai le cœur qui frissonne
Tu n’es plus personne
Dans ce mur à Washington
Nelson E. Wilson
J’entends ton nom qui résonne
…
Combien de Nelson
Quatre-vingt-neuf-milles
Au cœur de la ville
Sur de belles colonnes
Pour chaque vie gâchée
L’inscription dorée
Héros liquidés
Comme un seul homme
Quand le clairon sonne
Il est bien trop tard
C’est la triste histoire
Du soldat Wilson
Alors j’ai griffonné
Avant d’oublier
Sur un bout de papier
Nelson E. Wilson
Nelson E. Wilson
C’est un burin qui résonne
Tu n’es plus personne
Dans ce mur à Washington
Nelson E. Wilson
J’entends ton nom qui résonne
…
Info
Auto-production 2010-2011
"Du balai", "J'adore les gens", "Est / Ouest" : enregistrées, mixées et masterisées par Julien µ (Playtime Studio - Bruxelles 2011)
Les 5 autres : enregistrées par Julien µ, mixées et masterisées par Julien µ et Leny Andrieux (Playtime Studio - Bruxelles 2010)
Percus additionnelles sur "Plus jamais ça!" et "Nelson E. Wilson" : David Weemaels
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